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Manoir Agnès Sorel

431 route du Manoir 76480 LE MESNIL-SOUS-JUMIEGES / Vallée de Seine

La grande Histoire médiévale se cache dans les boucles de la Vallée de la Seine au Mesnil-sous-Jumièges, en Seine-Maritime, dans les murs du Manoir dit d’Agnès Sorel, classé Monument Historique. Au-delà d’une magnifique architecture aux lignes épurées, la visite du manoir est un excellent moyen d’accéder au cœur de la vie des rois de France.

C’est en revenant de l’Abbaye de Jumièges en suivant une route bordée de nombreux arbres fruitiers et après avoir dépassé la base de loisirs du Mesnil-sous-Jumièges, que j’ai découvert le Manoir d’Agnès Sorel via un petit panneau placé sur un mur de pierre. Curieuse d’en connaître davantage sur ce lieu, je décide de faire une halte.

Je découvre l’entrée principale formée de deux portes en ogives du XIIIe, une grande pour les charrettes l’autre plus petite dédiée aux piétons. Passée cette frontière, je me trouve immédiatement transportée dans le passé prestigieux de la Normandie médiévale. Devant moi une grande cour de forme rectangulaire, dans laquelle apparaissent deux corps de bâtiments, un puit couvert et une charretterie, le tout agrémenté d’arbres fruitiers. Je suis immédiatement saisi par le calme et le bien-être provoqués par la végétation luxuriante, le chant des oiseaux et la blancheur de la pierre de Caumont. Sur ma droite quatre pupitres me fournissent les informations historiques et architecturales nécessaires pour profiter au maximum de ma visite : les bâtiments datent du XIIIe et XIVe siècle. L’un servait de grange, l’autre de logis. Une chapelle, orientée est-ouest, suit un plan allongé de deux travées avec un chevet plat offrant un pignon percé d’ogives et une partie occidentale reliée au logis.
Ce riche témoignage d’architecture du Moyen-Age était au départ une véritable ruine. Mais depuis 1993, une restauration importante a été entreprise par un amoureux du patrimoine, à qui nous devons à nouveau de parcourir ce lieu historique. Antérieurement à la mort d’Agnès Sorel, ce manoir, propriété de l’Abbaye de Jumièges jusqu’à la Révolution, était dit « manoir de la vigne » car les moines y produisaient le vin de Conihout. Les princes et les visiteurs de l’Abbaye y étaient logés lors de leurs séjours dans la région.

A présent je me dirige vers le logis et emprunte l’escalier extérieur. Passée la porte, je suis à nouveau transportée dans le passé. Sur ma gauche, il y a la chapelle. Les pièces du logis sont en enfilade, au milieu trône la grande cheminée prête à recevoir la cuisson d’un chevreuil, tellement ses dimensions me paraissent imposantes. Je décide de faire une pause et de m’asseoir sur les bancs de pierre taillée dans les embrasures des fenêtres à meneaux. En levant les yeux, j’admire la magnifique charpente de bois donnant toute sa solennité à ce précieux logis. Je me laisse aller à la rêverie et m’imagine alors en février 1450, dans le contexte de la Guerre de cent ans. Le roi Charles VII est là avec sa cour et Agnès Sorel, sa favorite dite « Dame de beauté ». Les robes sont splendides et les chevaliers tiennent en laisse des lévriers d’une grande finesse. Des plats somptueux sont servis avec des vins fins. Mais un groupe de touristes vient d’entrer et leurs voix me sortent de ma rêverie.

Je continue ma visite et arrive dans la chambre d’Agnès Sorel où je découvre un lit à baldaquin avec de lourds rideaux rouges. Je me remémore les informations lus sur le pupitre dédié à la vie d’Agnès Sorel : « Après avoir mis au monde sa quatrième fille, elle meurt. Cependant sa mort reste mystérieuse car un empoisonnement au mercure en serait l’origine. Le roi dans une immense tristesse commande deux sépultures, l’une contenant son cœur dans une chapelle du bras nord de l’église abbatiale de Jumièges, l’autre à Loches conserve son corps ».
Après toutes ces émotions, je me dirige vers la dernière pièce, très longue avec sa cheminée sur le côté. Je note la beauté du sol avec des tommettes rouge orangé, de grands lustres prêts à éclairer la grande tablée. Quittant les pièces de vie, je me dirige pour visiter la chapelle. Passées deux petites marches me voilà au cœur du lieu de prière du manoir. J’apprécie la sobriété de la pièce, la lumière puissante qui s’en dégage, la blancheur des murs. Avant de repartir, je profite du calme de ce lieu dédié au recueillement.
Le temps de cette remontée dans le temps arrive à sa fin. Du point culminant du haut de l’escalier du logis, j’admire cette belle cour qui a vu passer « l’Histoire de France ».

En sortant de cet impressionnant manoir qui appelle tant à l’imaginaire qu’à la vérité historique, le chant des oiseaux dans la chaleur de l’été sonne comme un réveil. Il fait encore beau et la route pour Rouen est agréable quand soudain j’aperçois au loin un autre fleuron du patrimoine médiéval normand : l’abbaye de St Georges de Boscherville. Je connais déjà l’objet de ma prochaine expédition culturelle en vallée de la Seine !
Respect des règles sanitaires ; nombre de visiteurs, accès, circulation, distanciation, information.

Période d'ouverture

Du 17 Avril 2022 au 01 Novembre 2022
Horaire NC
Visite guidée sur réservation.

Activités sur place : Expositions temporaires

Visites individuelles

Durée moyenne de la visite : 60 min

Langues parlées : Anglais
Langues de visite : Anglais

Tarifs

GratuitéGratuit. Gratification bienvenue aux étudiants guides.

Modes de paiement :

Gratuit, Gratifications bienvenues aux étudiants guides.

Groupes

Guide accepté : oui

Visites groupes

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