Produit noble, naturel et écologique, le lin génère autour de lui une image de pureté. Une belle réputation qui colle parfaitement à sa production et à l’utilisation qui est faite de sa fibre.
Naturellement, la Seine-Maritime et le pays de Caux en particulier, première région productrice d’Europe de lin fibre, bénéficient de cette aura. Reconnaissants, ils se plaisent à raconter leur histoire commune avec cette plante remarquable et à dévoiler les savoir-faire de ceux qui la cultivent et la transforment.
C’est l’un des spectacles les plus attendus de l’année. En juin, il n’est nul besoin de lever les yeux au ciel pour espérer y découvrir du bleu. Une promenade à travers champs suffit. Le lin célèbre à sa manière l’arrivée de l’été par une floraison débordante mais éphémère. Une explosion azurée qui laissent des souvenirs impérissables à ceux qui l’auront contemplée.
Mais, pour la Seine-Maritime, le lin est bien plus que cet émerveillement coloré. Il en est une culture historique. Présent dans tous les champs seinomarins, il l’est peut-être encore un peu plus dans ceux du Pays du Plateau de Caux Maritime. Egalement appelé « Pays du lin », ce territoire qui s’étend de Saint-Valéry-en-Caux jusqu’à Yvetot, abrite ainsi, à Saint-Pierre-le-Viger, la plus grande coopérative de lin de France. Au centre de ce pays, Doudeville exhibe également fièrement son titre de capitale du lin. Une plante que la commune honore d’ailleurs d’une fête chaque année (mi juin).
Cultivé, le lin est aussi transformé. Sa fibre et sa graine inspirent en effet les artisans locaux. Premiers d’entre eux, les couturiers qui apprécient le travail de cette fibre naturelle, fraîche et facile à teinter. Linge de maison et de table, tissus, accessoires de décoration et évidemment prêt-à-porter prennent forment sous leurs mains expertes. Enfin, certains boulangers voire charcutiers mettent à profit les vertus gastronomiques du lin en proposant des produits du terroir atypiques (pain, viennoiserie, dessert, fromage, viande).
Agréable à regarder, à apprendre, à fêter, à porter et à déguster, le lin, à lui seul, vaut bien un large détour.